Inauguration de la Grainothèque de la Médiathèque.

Il y a quelques instants, nous avons inauguré, en présence de Nelly Tocqueville, sénatrice, et de Brigitte Manzanares, conseillère départementale, la nouvelle grainothèque, installée au sein de la médiathèque Le Séquoïa. Devant un public venu nombreux, j’ai tenu à rappeler que cette grainothèque s’inscrit pleinement dans l’esprit des actions, déjà considérables, engagées par la Municipalité au profit de l’environnement. De la construction du réseau de chaleur biomasse à l’échelle de la ville à la gestion raisonnée des ressources (récupération des eaux de pluie, passage au LED, plantation de 700 arbres, etc…), en passant par la création d’une Avenue Verte, la requalification végétale des berges du Cailly notamment, nous avons multiplié, ces dernières années, les initiatives en faveur du développement durable. Et les projets à venir sont encore nombreux à l’instar de l’installation, dans les prochains mois, d’un écopâturage sur les coteaux.

L’installation de cette grainothèque au sein de la médiathèque Le Séquoïa n’est pas le fruit du hasard. Nous avons souhaité faire de cet équipement un lieu de convergence et de cohérence. Situé en plein coeur du square de Norderstedt, il accueille déjà sur son toit-terrasse une colonie de 150 000 abeilles. Tout le monde sait qu’elles représentent l’un des maillons essentiels à l’équilibre de nos écosystèmes et qu’elles favorisent la biodiversité. Il faut d’ailleurs rappeler le geste fort de la Municipalité qui, suite à la déconstruction de la maison de retraite Les Aubépins, a préféré consacrer cette réserve foncière à l’agrandissement du square, à la plantation d’une pommeraie, qui offre des variétés régionales et à l’installation d’un hôtel à insectes.

La grainothèque de Maromme repose sur un principe simple, participatif et citoyen. Qu’il s’agisse de légumes, de fleurs ou encore d’herbes aromatiques, cultivés dans un jardin ou sur un balcon, tous les Marommais sont invités à prélever quelques-unes de ces graines afin d’enrichir la bibliothèque à semences. En retour, chacun peut, à son tour, prélever d’autres graines. Bien entendu, il est demandé aux contributeurs de n’utiliser aucun engrais chimique, cela va de soi. Un petit guide pratique sera prochainement édité pour conseiller et promouvoir cette pratique. Il sera disponible à l’accueil de la médiathèque.

Au-delà de l’enjeu économique de par sa gratuité, cet échange traduit un acte écologique et militant. Les Nations Unies estimaient en 2010 que 75% de la diversité des cultures ont été perdus entre 1900 et 2000. Cette grainothèque se veut être la démonstration d’une résistance face au lobby des grands semenciers qui impose un nombre toujours plus restreint de variétés et commercialise des semences hybrides F1 (non reproductibles). Cette grainothèque plaide ainsi pour de la liberté d’échanger et de reproduire les graines. Elle a aussi vocation à être un véritable encouragement pour les Marommais à embellir la ville, à fleurir les jardins, les fenêtres et balcons, mais aussi à donner le goût et les moyens à chacun de planter, de cultiver.

La bibliothèque à semences, «le case-graines», contient, d’ores et déjà, une cinquantaine de variétés. Il est à noter enfin que cette armoire à semences a été entièrement confectionnée par les menuisiers municipaux et réalisée à partir de bois de récupération.

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