Maromme ne veut pas voir partir sa Mamie Nova.

[COMMUNIQUÉ DE PRESSE]

MAROMME NE VEUT PAS VOIR PARTIR SA MAMIE (NOVA) !

C’est un coup dur pour l’une des plus emblématiques entreprises de Maromme. Créée en 1949, la Centrale Laitière de Haute-Normandie (CLHN), devenue par la suite Novandie, doit sa notoriété à un visage, celui de Mamie Nova.

Située en plein coeur de ville, cette société fait partie intégrante de l’histoire et du patrimoine de Maromme. 191 personnes, des femmes et des hommes, y travaillent aujourd’hui.

L’annonce il y a quelques jours par ses dirigeants d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) a fait l’effet d’une douche froide. 116 postes doivent disparaître, ici à Maromme.

Cette décision, violente vis-à-vis des salariés, est contestable à plus d’un titre.

Tout d’abord, sous couvert de ce Plan de Sauvegarde de l’Emploi, les dirigeants d’Andros, propriétaire de Novandie, signent la condamnation à mort du site de Maromme.

En décembre dernier, ils annonçaient aux salariés la mise en place prochaine d’un nouveau modèle pour redresser l’entreprise. Mais d’après les délégués syndicaux que j’ai reçus hier, cette nouvelle organisation vise avant tout à se servir des salariés comme de cobayes.

La production va souffrir de la fermeture de deux lignes de production sur quatre et de la suppression d’une moitié de ses effectifs avec, néanmoins, le maintien des deux tiers de sa production.

De l’aveu même des salariés, qui s’expriment en connaissance de cause, ceux qui vont rester vont souffrir. De plus, l’équipe de maintenance des installations sera réduite à peau de chagrin et l’établissement déclassé en atelier.

Ces choix ne sont pas anodins. D’une part, en imposant de tels objectifs dans de telles conditions d’organisation, les rendements vont vite devenir intenables. D’autre part, rétrogradé en atelier, le site n’aura peut-être plus la possibilité d’une représentation syndicale locale, s’inquiètent les délégués syndicaux.

Maromme subit aujourd’hui et de plein fouet l’une des conséquences de la loi 2016-1088 dite loi Travail. En effet, l’article L 1233-3 du code du travail autorise désormais le licenciement si l’évolution significative d’au moins un indicateur économique tel qu’une baisse significative des commandes ou du chiffre d’affaires, des pertes d’exploitation ou une dégradation de la trésorerie, a servi de support à ce Plan de Sauvegarde de l’Emploi qui, paradoxalement à son intitulé, pourrait se solder par la suppression de 75 postes à Maromme, 131 sur les deux sites de production de la société (Savigné-l’Evèque (28)).

Ensuite, cette décision affiche un certain mépris envers les salariés. Ces derniers ont consenti des efforts considérables lors des précédents plans sociaux de 1992 et 2012. Ils ont accepté beaucoup sans que rien ne leur soit rendu en retour aujourd’hui. Pourtant, les objectifs réclamés en 2012 visant au rétablissement financier devrait être atteint d’ici deux ans.

Le communiqué de la direction annonce la suppression nette de 75 emplois et le transfert de 41 postes vers le site d’Anneau (28) à 177 km d’ici. 41 familles vont donc être confrontées à un dilemme difficile. Certaines, pour des raisons familiales, d’attaches, ne pourront l’accepter. La direction d’Andros ne saurait l’ignorer.

Le choix du site d’Anneau reflète la politique, sans état d’âme, du groupe Andros. Situé en plein coeur de la Beauce, cette région est réputée pour ses grandes étendues céréalières mais certainement pas pour sa production laitière.

Le groupe Andros a fait donc passer un projet logistique avant un projet industriel. L’implantation de cette usine va d’ailleurs à l’encontre de la COP 21 et risque fort de pénaliser la filière laitière normande. Ce sont à l’avenir des centaines de camions qui vont être mis sur les routes pour transporter le lait.

À la fin des années 70 et au début des années 90, la Ville a consenti des efforts pour accompagner le développement de l’entreprise, notamment par la modification de voiries et la vente, l’échange ou la cession au franc symbolique de terrains communaux.

Maromme a toujours été attentive à l’activité économique sur son territoire et dans la vallée du Cailly. Elle s’est toujours efforcée d’entretenir avec ses partenaires des liens de confiance.

C’est pourquoi je travaille, dès à présent, avec l’ensemble des acteurs économiques pour accompagner et soutenir le personnel de Novandie.

Parce que les arguments énoncés par le groupe Andros ne m’ont pas pour l’heure convaincu, parce qu’il s’agit avant tout de l’avenir de familles et parce que je défends un certain idéal de société, je serai extrêmement vigilant et combatif vis-à-vis de la concrétisation de ce Plan de Sauvegarde de l’Emploi.

David Lamiray

Maire de Maromme

Conseiller Départemental de Seine-Maritime

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